L'appel de l'embryologiste

L'appel de l'embryologiste à jour 3

L'appel qui fait mal

Nous dormons. Le téléphone sonne. Nous sommes un peu mêlés. En quelques secondes, je réalise que ça doit être l'embryologiste.

« Malheureusement, je n'ai pas de bonnes nouvelles pour vous. Aucun de vos ovules n'a fécondé. »

Je suis sous le choc. Toute la semaine, j'ai attendu cet appel. Je restais postive. On avait 15 ovules. Je savais déjà qu'on en avait que 6 de matures. Mais 6, ça aurait pu donner quelques embryons ça ! Je tentais de me rassurer en fouillant sur internet. Des filles sur des forums m'ont dit de ne pas m'inquiéter, qu'on m'appellerait s'il y avait un problème. Donc, j'ai eu tout un choc lorsqu'elle m'a dit qu'aucun ovule n'avait été fécondé !

Je fais un signe que « non » à mon chum... voulant dire que ça ne va pas...

« Avez-vous des questions ? ». Oui, avez-vous une idée de pourquoi on arrive à ce résultat ?. « Premièrement, le nombre d'ovules matures étaient bas comparé au nombre d'ovules récoltés. Parcontre, il y en avait, donc il y avait des possibilités. Les spermatozoïdes qui ont été injectés dans les ovules étaient bien mobiles. Je ne sais pas vraiment pourquoi la fécondation n'a pas eu lieu. Pour plus de détails, vous pouvez appeler dès maintenant les secrétaires qui vont vous donner rendez-vous avec le médecin. Évidemment, vous devez cesser toute médication dès maintenant puisqu'il n'y aura pas de transfert. »

J'ai raccroché et j'ai tout raconté à mon chum. J'étais en larmes. J'écris ces mots en ce moment et j'en suis encore totalement bouleversée. J'étais en colère d'avoir fait tout ça pour rien. Depuis la ponction, j'ai mal au ventre, comme des aiguilles dans le vagin. J'étais frustrée d'avoir ces maux de ventre pour rien. Tout s'était bien passé, je n'avais pas eu d'effets secondaires embarrassants, la ponction s'était bien déroulée... On ne comprend pas. Mon chum avait mal de me voir dans cet état. J'aurais tout brisé sur mon passage. J'étais en milles morceaux. Tous les beaux rêves que je m'étais imaginée pour m'aider à visualiser un résultat positif venaient se s'effondrer en quelques secondes. Mon chum devait aller travailler, mais il est resté avec moi jusqu'à ce que je me calme un peu. Bien sûr, il est extrêmement déçu lui aussi.

Ça m'a tout pris pour signaler le numéro de téléphone de la clinique pour prendre un rendez-vous de suivi post-pas-de-transfert. Lorsque j'ai dit ma première phrase à la réceptionniste, elle n'a strictement rien compris. Elle a dit que je ne parlais pas assez fort. Je me suis excusée, je lui ai dit que je venais d'apprendre une mauvaise nouvelle et que j'avais dû mal à parler sans pleurer.

Ce matin-là, en quelques heures, je suis passée par plusieurs étapes du "deuil", le choc, la colère, la tristesse et la résignation. Parfois dans des ordres mélangés, parfois tout en même temps. J'ai pleuré pendant des heures... Ce n'est que vers l'heure du dîner que j'ai commencé à me faire une raison.

On est impuissant. On ne peut rien y faire. On a aucun contrôle.

Si j'ai fini par me résigner, c'est en lisant des témoignages similaires sur des forums. C'est en lisant les encouragements suite à l'annonce de cette très mauvaise nouvelle.

Ce que j'ai lu c'est que possiblement on va changer mon protocole à la prochaine FIV. On va sans doute changer de médicaments.

Pendant des années, on se disait que le problème c'est les spermatozoïdes peu mobiles et sans GPS de mon chum. Suite à cette FIV, on me dit que ce sont probablement mes ovules qui étaient le problème. Pas nécessairement que c'est de ma faute, je pense que c'est plutôt un médicament qui n'a pas bien maturé mes ovules. Car sous FIV, nous ne sommes pas dans un cycle naturel, tout est contrôlé par médicament. Lors d'un cycle naturel, peut-être que mes ovules sont très corrects.

La bonne nouvelle c'est que comme il n'y a pas eu de transfert, cet essai ne compte pas dans les 3 essais gratuits du programme de gratuité de procréation assistée au Québec. On a quand même dû débourser au moins 500$ de notre poche pour les médicaments, sans compte les heures de travail manquées et l'essence pour les nombreux déplacements à la clinique de fertilité qui est à 132 km de chez nous.

Nous avons rendez-vous avec un gynécologue de la clinique de fertilité seulement à la fin mai. Eh oui, attendre tout ce temps pour savoir ce qui s'est passé et connaître les solutions proposées...


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