«Que diable nous arrive-t-il ?!»

Mon conjoint et moi n’avions qu’un an d’essais sans résultat quand nous avons rencontrés notre médecin spécialiste… Or, la majorité des couples vont consulter après deux ans. Suite à un diagnostique d’infertilité, notre premier réflexe est de partir à la cueillette d’informations pour répondre à l’ultime question : «Que diable nous arrive-t-il ?!». La première erreur que nous faisons tous et toutes est de «pitonner» sur le web! «Googler» Fécondation In Vitro ou Oligozoospermie et lire tout ce qu’on peut y dire à ce sujet peut être assez traumatisant! À l’ère des réseaux sociaux, j’ai pu trouver beaucoup de réponses et de réconfort sur certains groupes de soutient virtuels québécois (Facebook entres autres) qui rassemblent bon nombre de femmes (lire ici : couples), vivant avec cette même réalité. Je me suis mise à partager avec elles, poser mes questions, etc. C’est alors que j’ai été prise de ce syndrome de l’imposteur et je m’explique : Bien que la grande majorité d’entre elles aient été accueillantes et à l’écoute, certaines n’ont pas tardé à me rappeler qu’elles, luttaient contre cette vilaine infertilité depuis plus de 5-6-8… même 10 ans!  Donc, après seulement 1 an, je devais prendre mon «mal en patience», attendre mon tour!

Si plusieurs se plaignent des lenteurs dans leurs processus de procréation assistée, pour nous, tout s’est fait beaucoup trop rapidement et croyez-moi, ce n’est guère mieux. Pour vous mettre en contexte, je vous résume notre dernière année soit, juin 2013 à juin 2014.

Juin 2013 : Première consultation en fertilité. Ça ne doit pas être très grave… Or, Doc me trouve des kystes aux ovaires qu’il faudra retirer par laparoscopie. Il nous envoie passer la panoplie de tests et au prochain rendez-vous, on sera fixé! On s’inquiète, mais pas plus qu’il le faut… on est tous deux convaincus que les kystes aux ovaires ont tout à voir avec le fait que bébé n’arrive pas ! Nous sommes sans doute un cas facile !

Aout 2013 : Le diagnostique officiel : Infertilité Masculine - Oligozoospermie sévère (moins de 400 000 zozos, moins de 1% mobiles). Seul moyen de concevoir notre enfant sera par la FIV. Le retour à la maison se fait en silence, les yeux et le cœur noyés de chagrin. Bref, on se demande vraiment ce qui se passe… Mon chum est un sportif, un joueur de hockey, donc un corps d’athlète très loin du surpoids. Il n’a jamais fumé ni même essayer, jamais pris de «brosse».  Ah, mais il a été opéré pour une hernie inguinale à l’âge de 4 ans… Voilà l’une des causes potentiels de cette foutue infertilité.

Septembre 2013 : Je passe tout de même au bistouri, vaut mieux avoir la plomberie A1 avant de débuter les traitements! J’ai la chance de pouvoir être opéré rapidement, au public.

Novembre 2013 : 1er traitement FIV ICSI– Stimulation des ovaires, prise d’hormones -Ponction Ovarienne, fécondation des ovules recueillis en laboratoire. Un beau cycle, 4 embryons en santé. Le 1er traitement se passe très bien, on se dit même que ce n’était pas si pire finalement! Il y aura un transfert d’un embryon frais (TEF).  Premier essai, résultat : Négatif. Motivés, on se reprend dès que possible.

Février 2014 : 2e phase du traitement : Stimulation d’un cycle artificiel, prise d’hormones pour le transfert d’un deuxième embryon qui a été congelé celui-ci (TEC) Deuxième essai, résultat : Négatif. Réalistes mais positifs, on continue.

Avril 2014 : 3e phase du traitement : Stimulation d’un cycle artificiel, prise d’hormones pour un  autre transfert d’un embryon congelé (Le dernier, car l’un d’eux n’a pas survécu à la décongélation) – Troisième  essai, résultat : Négatif

«Tout à coup que le prochain essai serait le bon ?»

Découragés, on pense à prendre une pause de quelque mois… Le premier traitement a filé à vitesse grand G. Sept mois d’hormones sans interruption. Mon corps transpire le Gonal-F et mon pipi est pratiquement fluo! Je suis épuisée physiquement et émotionnellement.  J’ai pris 15lbs, je suis gonflée, je fais peur! MAIS, l’espoir est encore là… Tout à coup que le prochain essai serait le bon ? C’est peut-être juste une question de mal chance, de timing ? Alors on fonce ! Sans réfléchir trop longtemps! Tant qu’à être «là-dedans» aussi bien continuer. Au diable la pause, on recommence à zéro.

Juin 2014 : 2e traitement FIV ICSI– Stimulation des ovaires. Ça ne se passe pas bien du tout. Je réponds mal au traitement. Mes ovaires feelent paresseuses, les follicules ne se développent pas bien. La ponction ovarienne hyper douloureuse, beaucoup plus que la première. La fécondation des ovules recueillis en laboratoire donne 3 embryons, mais un seul sera transféré, les autres seront détruits dû à leur mauvaise qualité. Bref, un vrai désastre. Quatrième essai, résultat : Négatif.

En seulement 12 mois, nous avons épuisés deux traitements de fécondation In Vitro sur une possibilité de trois (Programme de procréation assistée du gouvernement). Quatre poussières d’ange n’ont pas été en mesure s’accrocher, de grandir, mais chose certaine, ils ont existé en moi, en nous.

Étions-nous pleinement conscients de ce qui nous arrivait ? Non.

Avions-nous vraiment réalisé dans quoi on s’embarquait ? Pas du tout.

Aurait-il fallu prendre le temps de s’informer adéquatement des implications physiques et psychologiques avant de débuter ? Oui.

Aurait-il fallu prendre le temps d’apprivoiser ce sentiment d’échec, cette déception si cruellement douloureuse à chaque résultat négatif? Définitivement oui.

Lorsqu’on s’engage dans les traitements de fertilités, nous nous investissons, corps et âmes, ayant comme seul carburant, l’espoir. L’espoir de fonder cette famille tant espérée, l’espoir qu’un jour ce visage d’ange que l’on imagine en fermant les yeux devienne réalité.

C’est alors qu’on s’est dit : Mon Amour, et si on se donnait le droit de prendre une pause ?

Amicalement,
Dominique

Dominique Lanthier

Dominique Lanthier

Navigue, sans repère ni itinéraire, dans ce monde hors de l'ordinaire qu'est l'infertilité...Espérant arriver à destination sans trop avoir perdu de morceaux !

Je serai sans aucun doute une merveilleuse maman. Quand et Comment? L'Avenir nous le dira..

«N'oublie pas, que t'as toujours en banque, quelques jours de chances et un peu d'espérance...»
- Vincent Vallières.

5 Comments

  1. 22/10/2014 at 09:49 — Reply

    Nous, je ne sais pas si on peut dire qu’on s’est donné des pauses, mais il est vrai qu’on a pris notre temps entre chaque traitement. On ne s’est pas garroché (excepté entre la première FIV sans embryon et la deuxième), on voulait recommencer OPC !

    Mais entre la FIV 2 et la 3… y’a eu 1 an.
    Et là, la peur d’en refaire une me fera attendre… même si qu’une envie : retomber enceinte OPC.

  2. Dee
    22/10/2014 at 11:30 — Reply

    On a vécu la même chose… sans pause (fiv en avril puis en juin). Hyperstimulation en bonus. Notre histoire se termine bien puisque je suis présentement enceinte. Avec le recul, maintenant que mon corps et ma tête on commencer a récupérer, je me dis que j’aurais pu en crever. Au sens figuré ou réellement, je ne sais pas. Physiquement et psychologique, certainement. On devait être sur l’adrénaline, porté par l’espoir, l’impression d’entrevoir la fin de ce calvaire. L’épreuve de ma vie…

  3. 23/10/2014 at 11:27 — Reply

    Si la majorité des couples consultent en procréation assistée après deux ans d’essai, qui consultent-ils pendant ce précieux temps? Sont-ils livrés à eux-mêmes, aux trop nombreux faits et mythes d’Internet ou à l’éventail de professionnels des thérapies alternatives pour aider à la conception naturelle ?

    À Seréna Québec, l’organisme spécialisé en fertilité naturelle, nous constatons un manque de connaissance des systèmes reproducteurs, du cycle féminin et de la fertilité en général, chez de trop nombreux couples en recherche de grossesse.

    Nous encourageons à maximiser cette période d’essais en recevant une formation sur la recherche de grossesse de façon naturelle (avec la méthode sympto-thermique), afin de mieux identifier avec précision la phase fertile de chaque cycle, de détecter précocement des anomalies du cycle ou des troubles de la santé, d’apprendre comment protéger et stimuler sa fertilité naturelle. Ce service en amont peut éviter à certains couples ce parcours fastidieux de l’infertilité ou à d’autres de perdre un temps précieux.

    Bon courage à toutes et à tous!

    • 23/10/2014 at 12:01 — Reply

      Je comprends, par contre, la nature en a décidé autrement pour mon conjoint, même avec toutes les connaissances et/ ou formations possibles qui soit dit en passant doivent êtres extrêmement intéressantes, je ne dénigre pas du tout votre idée … Reste que pour moi et mon conjoint , naturellement ce n’est pas possible du au trop faible taux de spermatozoïdes.

  4. Isabelle
    24/10/2014 at 13:38 — Reply

    Même chose pour moi j’ai les trompes obstruées donc naturellement c’est impossible, la plupart des couples ont une explication à leurs infertilité. Moi je suis à mon jour 4 de transfert d’embryons congelé , prise de sang dans 10 jours …

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