En décembre dernier, épuisée après 3 ans et demi d’essais pour un premier enfant, j’ai écris une lettre ouverte à la nouvelle année. Cela se voulait humoristique et dédramatisant. Après un automne plus qu’éprouvant à la fois en termes d’échecs et de bouleversements dans ma vie de couple, j’ai eu besoin de mettre sur papier mes attentes pour la suite.

“À toi, nouvelle année,

Je serai brève. Et claire.  Triomphe là où 2010, 2011, 2012 et 2013 ont échouées.
2014, tu es mon dernier cheval. Nous amorcerons notre nouvel essai en février, notre avant-dernier. On met tout nos espoirs là-dedans. On a changé de clinique, on s’est reposés, on est prêt à recommencer. On souhaite que ça fonctionne, enfin. Tu sais, pas besoin de se rendre au dernier essai. Épargne-nous le stress du : “y’a plus d’espoir si ça fonctionne pas ce coup-ci!”

Fais-nous plaisir, 2014, fais de notre prochaine fécondation in vitro, un succès.
En février, ça fera 4 ans qu’on tente par tous les moyens d’avoir un bébé. 4 ans à espérer. C’est long! Est-ce qu’on ne pourrait pas régler ça, maintenant? S’il te plaît?

Je ne suis pas une personne patiente, mais je suis persévérante. Et courageuse. Mais tu ne trouves pas que j’ai fait mes preuves? Chère 2014, ne me pousse pas dans mes derniers retranchements. Personne ne devrait jamais vivre l’angoisse du dernier espoir, la peur que tout s’arrête sans avoir rien gagné.

Parfois, quand je suis vraiment déprimée, je me dis que si j’étais tombée enceinte naturellement au début de nos essais, je serais peut-être maman de deux enfants à l’heure qu’il est.

Mon mari et moi avons décidé d’arrêter de nous battre, si nous épuisons nos trois essais sans succès. Donc des enfants, j’en aurai un seul, si je suis chanceuse et que la vie me l’offre. Sinon, je ne serai pas maman du tout. J’aimerais ne pas avoir à te le reprocher, chère nouvelle année.

J’aime évidemment mieux penser au bonheur que j’aurai en découvrant que je suis enceinte après le transfert d’un bel embryon frais à la mi-février. N’est-ce pas? Parce que sinon, je vais pleurer.

Et S’il te plaît, 2014, ne me fais pas pleurer. J’pas belle quand j’pleure.”

Vous vous doutez bien que mon souhait ne s’est pas réalisé? Je vous confirme que j’ai pleuré. Encore et encore. Et bien que mon mari m’ait assuré qu’il me trouve belle le nez rouge et les yeux bouffis, mon ventre est toujours désespérément vide. L’année 2014 tire à sa fin et notre dernier essai en procréation assistée est prévu pour le premier trimestre 2015. On ne sait pas encore quand, parce qu’on attend des résultats de tests. J’ai presque envie qu’ils trouvent quelque chose. Pour me déculpabiliser. Pour mettre la faute sur quelqu’un/quelque chose.

Mais la vérité, c’est qu’aucune raison n’apaisera la douleur d’un 56e mois stérile et je sais maintenant que malgré l’espoir, je n’ai aucune garantie de pouvoir un jour bercer mon bébé dans mes bras.

On ne s’habitue pas à la souffrance, mais bien que 2014 m’ait déçue et que j’ignore si l’issue sera la même la prochaine fois, j’ai hâte de donner sa chance à 2015.

 

Solly

Solly

Femme de 26 ans, habitant Lanaudière. Diplomée en littérature, écrivaine publiée, travaillant dans un domaine tout à fait différent. La preuve que la vie nous amène ailleurs... En essai bébé depuis 2010. Le ventre vide et la tête pleine.

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