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Il y a quelques mois j’ai acheté le dernier album de Philippe B. Je l’adore. Ma chanson préféré; Biscuit chinois que je m’amusais à hurler dans l’appartement. Un peu cocotte je ne m’étais jamais attardé aux paroles, jusqu’à ce que je l’écoute seule dans la voiture et que je doive m’arrêter sur le bord de la route tellement je pleurais, une mauvaise journée.


Biscuit chinois 
Montréal a froid et Noël est gris
Les gens sont transis, j’en appelle à toi
Quand le ciel ne répond plus
J’ai perdu la foi
Biscuit chinois
Sois gentil pis conte moi des menteries


Biscuit chinois
Je t’ai choisi en croisant les doigts
Et je te crois, moi qui ne crois en rien
Dis-moi qu’il fera beau demain
Que tout ira bien
Biscuit chinois
Sois gentil pis conte moi des menteries


Vivre avec l’infertilité c’est vivre avec l’incertitude. Personne, ne peut nous affirmer que nous y arriverons, personne, pas même le chum de ton amie qui pense qu’avec son diplôme en subtilité peut t’affirmer que « ben voyons, ça va marcher ».

Y a personne, sain d’esprit, qui va s’acheter un 6/49 et qui peut affirmer qu’il détient le billet gagnant. On peut y croire et songer à tout ce qu’on pourrait s’acheter avec le gros lot mais le lendemain, quand on réalise qu’on n’a pas gagné, on retourne travailler. Mais ça ne fait jamais mal comme la version FIV;

Quand l’embryon est là, bien au chaud dans un ventre plus qu’accueillant, on peut rêver et espérer, parler à notre embryon, magasiner du linge de maternité et calculer la date d’accouchement. Parce qu’on est comme ça, on oublie la dernière fois et on se permet d’espérer comme si rien n’était arrivé auparavant.  Mais 15 jours plus tard, quand ça se termine, on ne retourne pas travailler et on ne se retrousse pas les manches, pas tout de suite en tout cas. La suite est une suite d’incertitude, bien difficile à accepter. On sait par quoi on va passer mais on le fait même si c’est difficile. Parce que nous aussi on veut une famille et qu’on doit jouer à la loterie de la FIV si on veut continuer de pouvoir rêver.

C’est donc pour ça que cette chanson me fait pleurer, pare que j’ai besoin d’ouvrir des biscuits chinois avec des phrases vides qui me font continuer d’espérer.

Rita-Rose

Rita-Rose

3 Comments

  1. 20/10/2014 at 10:32 — Reply

    wowww c’est beau , très bien dit

  2. 20/10/2014 at 11:05 — Reply

    Mon dernier biscuit chinois me disait “l’échec que vous venez ce vivre était le dernier d’une longue série.”. Je l’ai ouvert quelques jours après ma 4e fausse-couche. Je ne demande qu’à y croire. J’ai d’ailleurs gardé ledit papier dans ma boîte à souvenirs.

    Très beau (et trop vrai) texte. C’est la loto-bébé, et on ne gagne pas souvent, à ce petit jeux :(

  3. Jany
    18/12/2014 at 10:17 — Reply

    C’est drôle la vie des fois.
    J’avais pas lu ce billet avant hier. Mais moi aussi, j’ai mon biscuit chinois. «Cette année vous amènera bien du bonheur».
    Je l’ai eu quelques jours avant ma première insémination. Je me disais que l’année achève, il n’y avait pas d’autre choix que ça arrive dans les prochaines semaines.
    On est niaiseuse et on le sait qu’on l’est, mais on y croit pareil hein!
    Bon, mon biscuit chinois n’avait pas tout à fait raison pour mon insémination, mais je lui donne quand même du crédit parce que j’ai réalisé un autre rêve en 2014, l’Islande. Fais qu’il a pas tout à fait tord!
    Niaiseuse, je sais!
    ;)

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