Tout d’abord, je tiens à spécifier que c’est la tout première fois que j’écris publiquement, tous sujets confondus. Je n’ai ni talent ni style d’écriture en particulier. Je tiens simplement à venir en aide à quiconque se sent concerné, de près ou de loin, par l’aventure hors de l’ordinaire qu’est l’infertilité.

Lorsque qu’Émotions In Vitro m’a proposé de participer à son blogue-Magazine, je ne voulais pas simplement raconter notre histoire, notre parcours, car il n’y a pas dénouement heureux pour l’instant. Par contre, tiré de mon expérience, mon premier sujet me semblait pertinent et intéressant soit : L’importance d’un suivi psychologique adapté. J’insiste ici sur le mot adapté, et j’y reviendrai.

L’importance d’un suivi psychologique adapté

«Ce n’est qu’une question de temps avant que tous deux, tombions en détresse psychologique.»

Chers amis, je ne vous apprendrai rien en vous parlant de la douleur si particulière associée à l’impossibilité de concevoir un enfant naturellement… Nous passons par toute la gamme des émotions lorsqu’un diagnostique d’infertilité tombe… Ajouté à cela, la prise de médicaments, les rendez-vous médicaux extrêmement nombreux, les absences au travail répétées, les interventions chirurgicales, les douleurs physiques, les craintes, les non-dits, les jugements, l’attente et enfin, le foutu résultat… ce n’est qu’une question de temps avant que tous deux, tombions en détresse psychologique.

De notre côté, les symptômes de cette détresse psychologique se sont présentés sous forme de mal-être très personnel, chacun de notre côté, c’est-à-dire : diminution de notre confiance en soi, être mal dans notre peau, blessures du passé qui n’ont pas tardées à refaire surface, etc. Ayant tous deux déjà consulté une travailleuse sociale à ce sujet quelques temps avant, j’ai entamé une thérapie avec une psychologue durant plusieurs semaines. Ça m’a beaucoup aidé au plan personnel, j’ai pu faire le ménage du printemps dans mon placard, comme on dit. Ça m’a aidé à faire la paix avec certaines situations qui étaient restées au fond… Bien qu’elle ait été très compétente et à l’écoute, cette psychologue n’était pas en mesure de m’aider au sujet de l’infertilité. C’est à ce point hors du commun, que lorsque j’ai commencé à discuter de mes inquiétudes et angoisses concernant la FIV ICSI, la prise d’hormones, de grosseurs de follicules, d’embryon au stade de blastocyste, de ponction ovarienne etc… c’est évident que je l’ai perdue la pauvre!

Mon conjoint et moi avons eu l’immense chance de participer à une étude universitaire organisée par le département de psychologie l’université de Montréal, avec la collaboration entre autre, de la clinique Procréa Montréal. Le but de cette étude était de documenter les réactions et le stress que vivent les couples aux prises avec des problèmes de fertilité, l’impact sur leur bien-être psychologique, conjugal et sexuel. Cette étude réunissait deux autres couples dans notre situation et était animée par une psychologue clinicienne spécialisée, travaillant depuis plus de 20 ans avec les couples infertiles.

Nous avons eu 6 séances de discussion de groupe animées par cette psychologue. Nous avons abordé différents sujets tels que la gestion des émotions, gestion du stress, la gestion de la prise de médicaments et leurs effets secondaire (Ô combien présents), l’explication des différents traitements disponibles, la santé du couple dans son intégralité, c’est-à-dire la vie à deux et la sexualité qui n’est plus du tout la même après un diagnostique d’infertilité. Nous avons pu raconter, librement, sans jugement, nos cheminements, partagés nos inquiétudes et nos douleurs.

Suite à notre participation à cette étude, nous avons continués nos séances avec cette même psychologue, en pratique privée. Accumulant échecs par-dessus échecs, c’était la noirceur totale dans nos vies, dans nos cœurs et dans notre couple. Avec sa précieuse aide, nous travaillons à changer ce sur quoi nous avons le contrôle soit: notre attitude face à cette épreuve, à accepter ce sur quoi nous n’en avons absolument pas, c’est-a-dire le diagnostic d’infertilité et finalement et surtout, la sagesse et le courage de connaitre la différence entre les deux.

Je vous conseille fortement de consulter un psychologue pour vous aider à passer au travers cette épreuve qui souvent, parait sans fin, sans issue. Consultez vos cliniques de procréation assistée, ils pourront vous référer à des professionnels qui seront en mesure de vous aider, de vous écouter, de vous rediriger. Avec une aide adaptée, il est possible d’apercevoir un peu de couleur, un brin d’espoir.

Au plaisir de vous reparler,

Dominique

Dominique Lanthier

Dominique Lanthier

Navigue, sans repère ni itinéraire, dans ce monde hors de l'ordinaire qu'est l'infertilité...Espérant arriver à destination sans trop avoir perdu de morceaux !

Je serai sans aucun doute une merveilleuse maman. Quand et Comment? L'Avenir nous le dira..

«N'oublie pas, que t'as toujours en banque, quelques jours de chances et un peu d'espérance...»
- Vincent Vallières.

1 Comment

  1. Marie-Ève
    07/04/2015 at 13:29 — Reply

    Excellent texte. Je m’intéresse beaucoup aux services de soutien spécialisés en infertilité et je trouve que l’étude dont vous avez fait partie semble fascinante. Connaissez-vous le titre exact, ou alors le nom de la psychologue qui la dirigeait? J’ai l’impression qu’il manque de services d’aide de ce genre, ou alors ils ne sont pas assez connus et accessibles. Je cherche très fort une façon de changer ça. Merci!

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