Procréation assistée

Plus de 10 ans après…

Atteinte d’Endométriose sévère, Insuffisance ovarienne, cellules tueuses et adénomyose.
10 ans de galère pour essayer d’avoir un enfant avec l’aide de la Procréation Médicalement Assistée en France et avec don d’ovocytes en République Tchèque : 1 arrêt de grossesse, 1 grossesse biochimique. Fin de la PMA : sans enfant, comment ré-envisager sa vie autrement et faire le deuil de ce bébé qui n’a pas été à terme. Et de celui qui ne viendra pas…

 

Plus de 10 ans après…

Plus de 10 ans se sont écoulées et j’ai l’impression de ne pas avoir vu ces années passées peut-être parce qu’elles étaient tournées autour d’un seul objectif.

Le plus frappant et qui m’a fait l’effet d’une claque c’est de voir aujourd’hui les progénitures des personnes qui étaient enceintes alors qu’on était au début de notre galère (arrêt de la pilule en 2003). Cela m’a fait prendre conscience d’un coup de toutes ces années passées à courir après cette quête inaccessible.

Je me suis longtemps reprochée d’avoir quelque part coupé les ponts avec certaines personnes mais cela devenait de plus en plus difficile d’assister à leurs conversations sur les couches, la crèche et j’en passe… J’avais l’impression parfois d’être transparente. Et puis je me questionnais beaucoup en les voyant faire avec leurs enfants, je ne partageais pas forcément leur point de vue sur l’éducation et la maternité me paraissait encore moins une évidence…

J’ai donc pris du recul pendant de nombreuses années car cela m’était plus que nécessaire, d’autant qu’expliquer à des fertiles qui ont eu leur enfant dès l’arrêt de la pilule qu’avec ma maladie les choses allaient se compliquer pour nous, c’était parfois comme parler dans le vide. J’ai pourtant eu l’espoir d’avoir été entendue quand un jour ils nous ont dit qu’ils avaient un couple d’amis qui ne pouvait pas avoir d’enfants mais quelle fut ma surprise de voir ce couple avec qui j’espérais partager des affinités quelques années après avec un bébé dans les bras et deux autres en route…

Je me suis longtemps attribuée la responsabilité d’avoir pris le large pour me protéger de toutes ces relations mais au final, la distance s’est installée tout simplement par la vie, la situation géographique, les préoccupations qui ne sont pas les mêmes.

J’en ai pris d’autant plus conscience, il y a quelques semaine en observant des parents parler entre eux autour de sujets et de personnes qui m’étaient totalement inconnus. Et c’est là que j’ai réalisé qu’il existe une autre réalité et communauté à laquelle on n’appartient pas et à laquelle on n’appartiendra jamais.

C’est peut-être là que le fossé se creuse à certaines moments de notre vie…

Pour autant, je ne regrette pas mon choix d’avoir arrêté là ce chemin mais le constat est douloureux, amer, dur et sec, après plus de 10 ans de lutte quand je vois nos amis si fiers de nous montrer les photos de leurs enfants qui ont tant grandi et qui leur ressemblent.

Car je ne peux m’empêcher de me demander en regardant leurs photos : quel âge aurait notre enfant ? Est-ce qu’il aurait ressemblé à mon mari ? Quelle serait notre vie aujourd’hui ?
Tant de questions auxquelles je n’aurai pas de réponse…

Je n’en veux à personne car chacun fait comme il peut dans “sa réalité”.
Et la nôtre est juste différente.

Article également publié chez https://artemiseauratoutessaye.wordpress.com/

 

 

artemise

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