Fausse-coucheGrossesseProcréation assistée

Ça sent la fin…

Ça y est, ça sent la fin de mon parcours en PMA…

Après 2 stimulations en vue d’un diagnostic préimplantatoire (DPI) en 4 mois, 8 cocos congelés et 10 frais ont été mis en culture. 10 ont fécondés. Mes cocos congelés n’ont pas aimé leur séjour car à jour 3, aucun des 8 n’avait survécu. Des 10 fécondés seulement 2 se sont rendus à jour 3. Désespoir et angoisse puisque l’objectif était d’avoir 5 blasto, et le médecin était plus que confiant avant la première stimulation d’y arriver en un seul essai, puis en deux. Sauf que là c’est devenu impossible qu’il y en ait plus que deux. Par chance, une infirmière avait eu la brillante idée, à la toute dernière minute, de me donner la médication à prendre en vue d’un transfert frais. Parce qu’à jour 5, un seul embryon était encore en vie…

Je n’ai aucune idée de la qualité de cet embryon… toujours est-il que mon seul survivant, mon seul espoir, s’est accroché. Ça été des moments terribles d’angoisse tels que je n’en avais jamais connu… attendre l’appel de l’embryologiste, arrêter de respirer lorsque le téléphone sonne… ne pas arriver à reprendre son souffle avant qu’il prononce enfin les mots, “transfert frais aujourd’hui”, et puis attendre de voir si on a fait tout ça pour rien du tout… ce sentiment d’échec total face au DPI qui était notre seul espoir, rire de l’ironie de faire un bébé FIV quand on tombe enceinte à la maison, dealer avec la frustration de savoir que même si je suis enceinte suite à cette FIV, je n’ai aucune garantie que ça se terminera mieux cette fois.. bref, un enfer d’émotions contradictoires.

À la suite de ma première prise de sang positive, on a convenu moi et mon conjoint que c’était fini. Fini la FIV, on ne retentera pas le DPI une autre fois. Fini les essais bébé, si celui-ci ne s’accroche pas. On en pouvais plus du tout de toutes ces émotions. Un test positif est une source de stress tellement difficile à gérer, on était épuisés des montagnes russes, et on voulait se concentrer sur notre belle grande fille.

Alors voilà, aujourd’hui, je suis enceinte de 10 semaines. Après mes 4 fausses couches entre 6 et 7 SA, c’est déjà un miracle. Je suis heureuse mais j’ai beaucoup de difficulté à y croire, à penser que ça y est vraiment, je suis sur les break, comme on dit.

Mais ça me soulage beaucoup, de penser que d’une façon ou d’une autre, mon parcours se terminera bientôt.

Je me sens toujours autant imposteure dans la famille des infertile… surtout si ça fonctionne suite à une FIV sans DPI… est-ce que ça aurait finir par marcher à la maison? En même temps, sans le suivi et l’appui d’OVO, je crois que le système de santé public m’aurait rendue complètement folle parce qu’il est dénué de compassion.

Je reviendrai vous raconter la finale, mais ça regarde bien, c’est mon doppler qui me l’a dit. On se rassure comme on peut…

 

LaFausseCoucheuse

LaFausseCoucheuse

Bébé 1 est arrivé sans problèmes. Pour bébé 2 ça c'est compliqué... pas mal compliqué. 4 fausses couches plus tard, je suis en plein processus de FIV avec DPI.
(MAJ oct2014)

3 Comments

  1. Marie-Ève
    02/04/2015 at 16:27 — Reply

    Je ne te connais pas mais ton texte (écrit le jour de ma fête) m’a fait pleurer de joie et d’émotion pour toi. Spécialement après avoir lu d’autres textes de ta part, je sais que tu dois être terrifiée et envahie d’émotions contradictoires. Mais ce chiffre sur ton doppler à 10 semaines de grossesse, c’est véritablement une victoire incroyable. Savoure ce moment autant que tu en es capable. En ce moment, tu as un petit miracle qui se bat en rêvant de te rencontrer. Je pense à toi en espérant très fort qu’il saura lutter aussi fort qu’il le faut. Plein de bonnes ondes virtuelles pour toi et ta famille.

    • 07/04/2015 at 10:39 — Reply

      Ce matin, c’est toi qui me tire une larme. Une larme de joie et de tristesse. Joie de commencer à croire de plus en plus que ça y est, que ça se peut. Tristesse de savoir que d’autres sont encore prises depuis si longtemps dans les griffes de la PMA sans que je ne puisse rien y faire de plus que ce je que fais déjà, c’est à dire vous partager mon vécu en espérant ainsi aider celles et ceux qui passent ou passeront par ce chemin difficile. Je suis toujours émue de voir que mon parcours vous touche et que vous pensez à moi comme je pense à tout ceux qui croisent mon chemin depuis le début de cette “mésaventure”. Mon coeur restera pour toujours gravé de cette expérience et je ne serai jamais capable de me détacher à 100% de ceux et celles qui passeront par là dans l’avenir. “Infertile un jour, infertile toujours” comme on dit.

  2. Ila
    20/04/2015 at 12:29 — Reply

    Bonjour
    moi aussi j’ai suivi ton aventure et ton combat pour ce bb2.. ça a l’air d’être sur le bon chemin maintenant et je suis très heureuse pour toi.. sincerement… j’espère que tt se passera bien pour cette grossesse et que tu pourras très vite en profiter jusqu’à la fin….
    moi aussi, je sens que c’est bientôt la fin pour moi coté pma, et peu importe le résultat final, je me sens soulagée de finir.. je ne dis pas que je ne serai pas triste (très même) que ça ne fonctionne pas mais je suis bien fatiguée de ces montagnes russes d’émotions comme tu dis… en effet, j’ai déjà un garçon issu de fiv numéro 4, et je débute ma 3e fiv pour tenter de lui faire un petit frère ou une petite soeur et ce parcours m’a tout dimplement usée et je pense que ses marques resteront gravées à jamais
    je te souhaite bonne chance pour la suite

Leave a Reply

Previous post

Commission parlementaire sur le projet de loi 20 | Procréation assistée

Next post

À toi qui osera