Jour 21 : Début du protocole long

Un peu avant le temps des fêtes 2012, j’ai reçu l’appel de l’infirmière de la clinique de fertilité. L’APPEL. J’étais au travail, sur mon afficheur c’était écrit “Appel anonyme”. Elle me dit que c’est rendu mon tour. Je suis surprise. Je ne m’attendais pas à un appel avant le temps des fêtes. Elle me demande quand seront mes prochaines règles. C’est trop près, ils n’ont pas de place. Elle me demande de les rappeler à mes autres règles, en janvier. C’est ce que j’ai fait.

Elle me dit de commencer le Suprefact et l’ASA à mon j21. Et ensuite de rappeler à mes règles suivantes, mes règles sous suprefact.

À jour 21 de mon cycle, je commence donc la prise du Suprefact. C’est 5 fois par jour, aux 4 heures. J’ai choisi l’horaire 7h-11h-15h-19h-23h. Le suprefact est en spray nasal. Je dois faire une vaporisation dans chaque narine. Pour l’ASA, qui n’est que de l’aspirine à faible dose, c’est 1 comprimé par jour au déjeuner.

Côté effets secondaires, ce n’est pas si pire. Je me sens parfois un peu étourdie, assomée. Des maux de tête également. Une journée j’ai eu des nausées, mais ce n’est pas certain que c’était à cause des médicaments. Pas de bouffées de chaleur comme ça arrive souvent.

Maintenant, il ne reste qu’à attendre les règles sous suprefact. À moins d’un miracle…

Jour 1 arrivé.

Un bon lundi matin, je me suis présentée à la clinique de fertilité pour une échographie endovaginale. Je suis à jour 3. C’était pour voir si le Suprefact fonctionnait bien sur moi. Suite à cet écho, le docteur a confirmé que mes ovaires étaient bien au repos et que l’on pouvait débuter la stimulation ovarienne.

Je rencontre donc une infirmière qui m’explique la marche à suivre. Je dois prendre 150ui de Gonal-F par jour et 75ui de Luveris. En théorie, ce serait deux injections à faire. Mais elle m’a montré comment mélanger les deux médicaments ensuite pour n’avoir qu’à faire une seule injection. OK… c’est un peu épeurant tout ça. Je n’ai jamais joué avec ce genre de matériel. Mais je pense que je comprends bien les instructions. Elle me donne des boîtes de luveris parce que ce sont eux qui le fournit.

Le Gonal-F est un médicament (une version synthétique de l’hormone folliculostimulante FSH)qui se donne par injection pendant une dizaine de jours afin de stimuler la croissance ovarienne avant la ponction des ovules pour une fécondation in vitro. (Cette hormone peut également être utilisée en insémination artificielle). Le luveris est recommandé pour stimuler le développement folliculaire chez les femmes qui présentent un déficit sévère en hormone lutéinisante (LH) et en FSH. LA LH est une hormone fabriquée par l’hypophyse (glande du cerveau) qui stimule les ovaires chez la femme pour provoquer l’ovulation. Elle a un rôle important dans le bon fonctionement du cycle menstruel chez la femme. LA FSH intervient dans la maturation des follicules.

Ensuite, je vais à la pharmacie chercher les médicaments de l’étape 2. Je parle à la pharmacienne qui s’assure que j’ai bien compris les instructions. Elle me montre tout un arsenal de stylos, seringues, aiguilles, tampons d’alcool… Elle me parle aussi du Vibramycin. C’est un antibiotique que mon conjoint et moi devons prendre matin et soir pendant 7 jours. C’est pour prévenir les infections au moment de la ponction. Ensuite je passe à la caisse à la pharmacie… près de 2000$. Ouh la… Je le savais, mais quand même ! Au moins, la pharmacienne a été assez gentille pour ne pas crier le montant. Merci ! (Nos assurances vont nous rembourser 80% du montant). Comme le Gonal-F doit rester au froid et que j’ai de la route à faire, elle me prête une glacière. Disons que, bah, pas très discret comme sortie de la pharmacie ! :)

Trois jours plus tard, c’était le moment de commencer les injections. Ce premier matin-là, ça m’a pris au moins une demi-heure. Il fallait que j’utilise les bonnes choses, que je fasse le mélange comme il faut… Que je me décide à me piquer… ;)

Voilà, le mélange est dans la seringue, l’aiguille est là (une toute petite aiguille…). Avec un tampon d’alcool je désinfecte l’endroit où je vais me piquer (sur le ventre, à au moins 2 pouces du nombril). Je me pince le bourrelet et j’insère l’aiguille. Ensuite j’injecte le liquide et j’attends quelques secondes. Je retire. Voilà c’est fait ! Mes peurs et craintes ont disparu, bon dieu, ce n’était pas si pire que ça…

À jour 5 de la stimulation, je devais aller passer une prise de sang à la clinique de fertilité pour voir mon taux d’oestradiol. On m’a rappelé le lendemain après-midi pour me dire que je dois passer faire une échographie à jour 8. À cette écho, je verrai mes follicules et surtout combien !

À jour 8, j’ai eu une première échographie endovaginale après 7 jours d’injections (

je ne dois pas faire d’injection avant une échographie). J’ai 13 follicules en haut de 10 mm, 8 dans l’ovaire droit et 5 dans l’autre. L’infirmière me dit que je réponds bien au traitement, que l’on peut prévoir une ponction à jour 12 ou 13. Entre temps, je continue les injections et je retourne pour une autre échographie à jour 10.

À jour 10, j’ai eu une deuxième échographie endovaginale. Je suis rendue à follicules et ils sont prêts. Sur l’écran, j’ai vu quelques mesures (19 mm, 22 mm). Suite à cette échographie, je me suis injectée ma dernière dose de Gonal-F + luveris. Puis, l’infirmière m’a parlé de la suite des choses. Soit l’injection d’Ovidrel, pour déclancher mon ovulation. Je dois m’injecter ce médicament tard le soir, l’avant-veille de la ponction. C’est important de la faire à l’heure exacte que l’on m’a indiquée parce qu’Ovidrel fait ovuler à partir de 36 heures après l’injection. En FIV, il faut que le médecin ponctionnent mes ovules dans mes ovaires avant que celles-ci soient libérées. Donc, ma ponction est prévue 34 heures après l’injection.

 

Le jour P pour prélèvement d’ovules (ou ponction)

Je devais être à jeun (liquide inclus) depuis minuit. Ma ponction était prévue à 8h45. Tout est schédulé à la minute près. C’est important car 34 heures auparavant, je me suis injectée un médicament pour faire déclencher mon ovulation. Et les ovaires peuvent commencer à libérer les ovules à partir de 36 heures suites à cette injection. Le médecin doit aller chercher mes ovules pendant qu’ils sont encore dans mes ovaires.

On se présente donc à la clinique de fertilité pour 8h. Quelques minutes avant dans la voiture, j’ai pris l’Ativan qu’on m’avait prescrit pour m’aider à relaxer. Je me sentais quand même déjà plutôt relaxe, vraiment je n’étais pas si stressée que ça. Immédiatement, une infirmière vient me chercher pour m’amener dans une salle où je devrai me préparer. Elle me donne des papiers à remplir au sujet des embryons congelés, s’il y a lieu. Des consentements à savoir ce qu’ils font si un des conjoints (ou les deux) décèdent et qu’ils ont des embryons congelés. Et je pense aussi que le questionnaire demandait ce qu’ils font avec nos embryons qui ne se sont pas développés. Personnellement, nous avons coché qu’ils peuvent s’en servir pour leurs recherches plutôt que de les détruire.

L’infirmière m’a aussi demandé de me dévêtir et de mettre une “jacquette” d’hôpital et les pantoufles. Elle est sortie. Mon chum est venu me rejoindre. Et une autre infirmière est venue me faire signer les consentements opératoire et me poser smon soluté. Puis, je devais aller à la salle de bain et aller au bloc opératoire tout de suite après.

J’entre au bloc opératoire, 3 femmes m’accueillent. Je m’asseois sur le lit. La première femme qui me parle est l’embryologiste. Elle me dit qu’elle va être là tout le long et que je peux suivre ce qu’elle fait sur le grand écran. Elle va analyser tout ce que le gynécologue va récolter et faire le dénombrement des ovules. Il y avait aussi je crois une anesthésiste et une infirmière avec moi. Mon chum aussi était là.

L’anesthésiste m’a donné un médicament anti-douleur et un autre dont je ne me souviens plus trop. Puis l’infirmière s’est adressée à moi pour voir comment j’allais et m’expliquer le déroulement. Elle m’a installée un tensiomètre sur le bras puis on me demande de mettre mes jambes sur les étriers pour être en position gynécologique.

Je regarde l’heure, il est 8h43. L’infirmière appelle le gynécologue à l’intercom. Nous sommes prêts.

Le gynécologue entre dans le bloc et nous salue. La première étape consiste à installer un spéculum et aller désinfecter tout tout tout avec de l’iode. Puis, c’est le moment de l’anesthésie. 4 petites piqûres dans les parois de mon vagin. La première, j’ai très bien senti quand il l’a faite. La quatrième, je sentais qu’il y avait quelque chose, mais aucune douleur. Quelque part dans tout ça, peut-être avant l’anesthésie je ne sais plus, il a enlevé le spéculum.

Puis, il installe un champs stérile. Il prend la mesure de mon endomètre pour savoir s’il peut accueillir un embryon dans les prochains jours. C’est maintenant le temps de la ponction. Il prend le même outil que lors d’une échographie endovaginale pour se repérer dans mes ovaires. Je vois le tout sur le petit écran. À l’aide d’une fine aiguille reliée à quelque chose qui va recueillir le liquide contenu dans chacun de mes follicules et ce liquide sera analysé par l’embryologiste qui cherchera des ovules. Ce ne sont pas nécessairement tous les follicules qui contiendront un ovule.

À l’aide de l’écran échographique, je vois l’aiguille aspirer l’intérieur de mes follicules. C’est en noir et blanc. Lorsqu’un follicule est plein, c’est noir et à mesure que le liquide est aspiré, ça disparaît. Lorsque le gynécologue était rendu à mon ovaire droit, c’était spécial, je sentais qu’il était à cet endroit dans mon ventre, mais ça ne faisait pas mal du tout. En moins de 10 minutes, c’était terminé.

On me ramène dans ma petite chambre de réveil. Je dois y rester au moins 1 heure pour s’assurer que tout est correct. Mon homme doit aller faire ce qu’il a à faire dans la pièce prévue à cet effet. Au bout de quelques minutes dans ma chambre, une infirmière vient me voir pour m’annoncer que j’ai une quinzaine d’ovules. Je suis contente, ça donne plus de chances d’avoir un bon nombre d’embryons. Je me sens plutôt bien. Un moment donné, je sens que l’effet des médicaments s’estompe et je commence à avoir de petites douleurs au ventre, mais sans plus.

Mon homme revient. Je tente de relaxer un peu. L’infirmière me dit que je peux manger et elle m’apporte aussi un verre d’eau. Vers 10h, elle vient nous voir pour nous dire que nous pouvons quitter. Elle me conseille de boire du Gatorade pour aider à l’hydration et que si j’ai des douleurs de prendre des Tylénols aux 4 heures.

De retour à la maison, je me sens bien. Je suis confiante. Et je n’ai pas de grosses douleurs. Mon homme va travailler. Je décide de faire une sieste. Je me fais réveiller par l’appel de l’embryologiste qui me dit que parmi les 15 ovules, j’en ai 6 de matures qui ont chacun été injectés d’un spermatozoïde. Nous devons attendre quelques jours pour en savoir davantage.

 

L’appel de l’embryologiste, 3 jours après la ponction

Nous dormons. Le téléphone sonne. Nous sommes un peu mêlés. En quelques secondes, je réalise que ça doit être l’embryologiste.

« Malheureusement, je n’ai pas de bonnes nouvelles pour vous. Aucun de vos ovules n’a fécondé. »

Je suis sous le choc. Toute la semaine, j’ai attendu cet appel. Je restais positive. On avait beaucoup d’ovules. Je savais déjà qu’il y en avait moins que la moitié de mature, ils m’avaient appelé l’après-midi de la ponction. Mais ça aurait pu donner quelques embryons pareil ! Je tentais de me rassurer en fouillant sur internet. Des filles sur des forums m’ont dit de ne pas m’inquiéter, qu’on m’appellerait s’il y avait un problème. Donc, j’ai eu tout un choc lorsqu’elle m’a dit qu’aucun ovule n’avait été fécondé !

Je fais un signe que « non » à mon chum… voulant dire que ça ne va pas…

« Avez-vous des questions ? ». Oui, avez-vous une idée de pourquoi on arrive à ce résultat ?. « Premièrement, le nombre d’ovules matures étaient bas comparé au nombre d’ovules récoltés. Parcontre, il y en avait, donc il y avait des possibilités. Les spermatozoïdes qui ont été injectés dans les ovules étaient bien mobiles. Je ne sais pas vraiment pourquoi la fécondation n’a pas eu lieu. Pour plus de détails, vous pouvez appeler dès maintenant les secrétaires qui vont vous donner rendez-vous avec le médecin. Évidemment, vous devez cesser toute médication dès maintenant puisqu’il n’y aura pas de transfert. »

J’ai raccroché et j’ai tout raconté à mon chum. J’étais en larmes. J’écris ces mots en ce moment et j’en suis encore totalement bouleversée. J’étais en colère d’avoir fait tout ça pour rien. Depuis la ponction, j’ai mal au ventre, comme des aiguilles dans le vagin. J’étais frustrée d’avoir ces maux de ventre pour rien. Tout s’était bien passé, je n’avais pas eu d’effets secondaires embarrassants, la ponction s’était bien déroulée… On ne comprend pas. Mon chum avait mal de me voir dans cet état. J’aurais tout brisé sur mon passage. J’étais en milles morceaux. Tous les beaux rêves que je m’étais imaginée pour m’aider à visualiser un résultat positif venaient de s’effondrer en quelques secondes.

Ça m’a tout pris pour signaler le numéro de téléphone de la clinique pour prendre un rendez-vous de suivi post-pas-de-transfert. Lorsque j’ai dit ma première phrase à la réceptionniste, elle n’a strictement rien compris. Elle a dit que je ne parlais pas assez fort. Je me suis excusée, je lui ai dit que je venais d’apprendre une mauvaise nouvelle et que j’avais dû mal à parler sans pleurer.

Ce matin-là, en quelques heures, je suis passée par plusieurs étapes du “deuil”, le choc, la colère, la tristesse et la résignation. Parfois dans des ordres mélangés, parfois tout en même temps. J’ai pleuré pendant des heures… Ce n’est que vers l’heure du dîner que j’ai commencé à me faire une raison.

On est impuissant. On ne peut rien y faire. On a aucun contrôle.

Si j’ai fini par me résigner, c’est en lisant des témoignages similaires sur des forums. C’est en lisant les encouragements suite à l’annonce de cette très mauvaise nouvelle.

Ce que j’ai lu c’est que possiblement on va changer mon protocole à la prochaine FIV. On va sans doute changer de médicaments.

Pendant des années, on se disait que le problème c’est les spermatozoïdes peu mobiles et sans GPS de mon chum. Suite à cette FIV, on me dit que ce sont probablement mes ovules qui étaient le problème. Pas nécessairement que c’est de ma faute, je pense que c’est plutôt un médicament qui n’a pas bien maturé mes ovules. Car sous FIV, nous ne sommes pas dans un cycle naturel, tout est contrôlé par médicament. Lors d’un cycle naturel, peut-être que mes ovules sont très corrects.

La bonne nouvelle c’est que comme il n’y a pas eu de transfert, cet essai ne compte pas dans les 3 essais gratuits du programme de gratuité de procréation assistée au Québec. On a quand même dû débourser au moins 500$ de notre poche pour les médicaments, sans compte les heures de travail manquées et l’essence pour les nombreux déplacements à la clinique de fertilité qui est à 132 km de chez nous.

Nous avons rendez-vous avec un gynécologue de la clinique de fertilité seulement dans quelques semaines. Eh oui, attendre tout ce temps pour savoir ce qui s’est passé et connaître les solutions proposées…

Marine

Marine

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