Voici mon témoignage en tant que maman d’une fille infertile.

 

Il y a 28 ans venait au monde ma fille, Dieu que j’étais heureuse d’avoir une fille. J’ai eu de très belles années avec et de moins bonnes. Devenir une femme pour ma fille était très important. J’ai dû passer par une gamme d’émotions, jusqu’au jour et j’ai appris son problème de santé : L’INFERTILITÉ. Ça faisait au moins 5 ans qu’elle ne prenait plus de moyens de contraception. Et a chaque fois qu’elle faisait un test de grossesse, il était toujours négatif. Ou à chaque mois qu’elle était en retard dans ses règles, je priais le ciel pour qu’on lui donne ce qu’elle voulait : un ENFANT.

 

Mais quand le verdict est tombé, j’ai eu l’impression que son rêve devenait le mien et je me suis mise à pleurer en me disant : que va-t-elle devenir si elle n’a pas d’enfant? À chaque fois qu’elle croisait un enfant, ils se cassaient le cou pour la regarder même s’il ne la connaissait pas. Elle était très maternelle d’ailleurs, elle a pris soin de sa soeur cadette de 5 ans. Je peux vous dire que le choc a été autant traumatisant pour moi que pour elle. Je me suis mise à m inquiéter pour elle, pour son couple et toutes les choses que la vie nous donne. De voir ta propre fille avoir une peine si immense est comme un coup de poignard dans le coeur. J’ai pleuré et pleuré et je pleure encore. Je me suis sentie tellement impuissante face à son problème de santé. Je me suis dit peut-être que c’est ma faute si elle est comme ça aujourd’hui.

 

J’ai tenté bien que mal de me déculpabiliser du fait que ma fille avait ce problème, mais sans succès. J’ai vu ma fille s’effondrer au fil du temps, son couple non plus n’a pas tenu la route et Dieu sait combien ils s’aimaient les deux, mais son copain à l’époque n’a pas résisté à cette nouvelle. Les mois passaient, mais n’étaient plus comme avant. Elle a eu une dépression, des sautes d’humeur, une tentative de suicide. J’ai même pensé un moment donné que ma fille était bipolaire. Elle a arrêter de travailler parce que le monde étaient méchant vis a vis elle sur son INFERTILITÉ. En gros, elle a fait une grosse dépression. J’avais beau essayer de lui parler, de la réconforter, mais elle était tellement agressive qu’elle me repoussait sans arrêt. Elle passait sa frustration sur moi et je savais le pourquoi, mais mon coeur a chaque fois été meurti par la douleur que ma fille pouvait ressentir de ne pas être capable de donner la vie.

 

Quand le programme est sorti en 2010, je croyais que la fin de son cauchemar était terminé et bien non. Son copain la quitte définitivement pour une autre soi disant qu’elle était fertile, ELLE. Un autre coup de masse en pleine figure. Et encore la, je ne pouvais rien faire pour sauver ce qui lui restait dans sa vie. En janvier 2014, elle décide finalement d’accepter sa situation. Elle pleurait tellement que tout ce que je pouvais faire maintenant était de la soutenir dans tout ce qu’elle devait faire pour avoir un ENFANT. On ne savait pas encore pourquoi elle ne pouvait pas avoir d enfant alors le gynécologue a demandé des tests plus profonds pour voir d’où venait le problème et là bien, elle a les trompes bloquées, donc impossible pour elle d’avoir un enfant comme toutes les autres femmes fertiles. Non seulement elle a les trompes bloquées, mais elle a les ovaire polykystiques. Donc pour elle avoir un bébé FIV est son seul espoir.

 

Mais cette espoir n’est pas sans répercussion au contraire les mois passent et elle doit passer par une batterie de tests avant d’avoir un rendez-vous avec un médecin en clinique de fertilité. J’ai vu de la lumière dans ses yeux à la sorti du gynécologue, même moi je pleurais, je me disais que son calvaire était fini, enfin la lumière au bout du tunnel. Depuis qu’elle est suivie pour une fécondation in vitro, je la vois de plus en plus épanouie et de plus en plus souriante. Elle a un copain formidable qui l’appui dans ses démarches autant que moi aussi quand je suis capable d’être avec elle à l’hôpital.

 

Beaucoup de monde pensent que les parents ne sont pas touchés par cette maladie, mais c’est totalement faux. J’ai dû me battre à tous les jours pour qu’elle me revienne comme elle était quand elle était toute jeune. Du rejet de sa part j’en ai eu plus souvent qu’à mon tour. Et de la tristesse j’en ai eu à revendre. Et à comme je vois moi aussi le bout du tunnel avec elle, bien arrive la nouvelle réforme de Monsieur Barrette. Encore une fois. la douleur s’empare de moi et de ma fille aussi. Son inquiétude de pas pouvoir avoir le temps d’avoir un enfant avant la fin du programme revient encore la hanter. Et encore une fois, à part de vous écrire mon témoignage pour que le programme reste pour ceux qui en ont vraiment besoin. J’ai encore peur que si jamais ça disparaissait vraiment, comment va t-elle réagir? Svp je vous demande du plus profond de mon coeur, ne faite pas ça Monsieur Barrette. Il ne faut pas minimiser les couples infertiles.  J’espère qu’avec mon témoignage, vous allez vous arrêter et bien réfléchir aux répercussions que ça va occassionner auprès des couples infertiles ainsi que leur famille proche et leur conjoint. Mélanie tu peux compter sur maman, je serai toujours là pour toi que j aime.

Puisse mon témoignage toutes vous aider à avoir ce que vous voulez : une FAMILLE

D’une maman qui aime sa fille de tout son coeu,r mais impuissante face à  son infertilité.

 

Émotions invitro

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