Témoignages

Josianne

Ma réalité…

 
Je suis en couple depuis 7 ans et mariée depuis plus d’un an avec un homme ayant déjà 2
enfants. Il y a 3 ans, nous avons décidé de vouloir un enfant ensemble. Puisque chéri a été
vasectomisé il y a plus de 15 ans, il a fallu passer par le raccordement !(vasovasostomie)
Je peux vous dire que passer par là pour un homme ce n’est vraiment pas évident! Donc,
on était sur de vouloir un bébé à nous.

 
Malheureusement, cette chirurgie n’a pas donné les résultats escomptés suite aux résultats
de spermogramme. Ses anticorps n’étaient pas d’accord ! Pas le choix, nous devons se
tourner vers la procréation assistée.

 
Nous prenons rendez-vous à la clinique Ovo à la fin 2012 et par la suite s’ensuive une
panoplie de prise de sang pour tous les deux et un bilan de réserve ovarienne pour moi,
pour finalement me diagnostiquer OPK (ovaires polykystiques). Ce qui nuit à nos
démarches, en plus que j’ai des cycles irréguliers. Une première pilule à prendre 3 fois par
jour pour essayer de diminuer le problème. Les effets secondaires qui commencent.

 
Le médecin nous suggère de commencer immédiatement avec une FIV (fécondation in
Vitro). Mon mari doit alors subir un PESA (cela consiste à effectuer une ponction dans
l’épididyme à l’aide d’une fine aiguille) Chéri a beaucoup souffert. 15 pailles de petits
soldats ont été congelées pour la fécondation de mes ovules prochainement, hourra! De
mon côté, commence la médication! Il y en a tellement que j’ai bien de la difficulté à me
souvenir de tout! En gros, les médicaments stimulent les ovaires pour produire plusieurs
ovules… En principe, la femme produit un ovule par cycle… Arrive enfin l’échographie
pour voir si les follicules sont matures pour ensuite avoir un mal de chien pour la
ponction des ovules! Fantastique, je suis prête! Nous sommes ici en mai 2013.
Ponction plus que satisfaisante, 21 ovules prélevés ! Oui, oui 21! Sur ces 21, 12 étaient
prêtes à être fécondé. Maintenant, il y a l’attente… Après la ponction et la fécondation,
les embryons doivent se rendent minimalement à jour 3. Mon mari et moi étions vraiment
confiants que sur les 12 fécondés, il y en aurait quelques un qui survivraient. Mais non !
Aucun ne s’est rendu à jour 3. Quand l’embryologiste a téléphoné pour nous annoncer ce
‘drame’, parce que oui c’est un drame, j’étais complètement sous le choc. Je ne
comprenais pas comment c’était possible. Est-ce que c’est parce que j’ai mal mangé,
j’étais trop stressée, j’ai bu du vin??? Ou encore, je N’ÉTAIS PAS DUE ? (commentaire
à proscrire de l’entourage) Toutes ces questions et plusieurs autres encore te font sentir
coupable de l’échec. Je vous rappelle ici qu’il n’y a rien d’excitant à procréer
‘artificiellement’, comparer aux ébats amoureux! Je vous dirais même que sur la vie de
couple, ça en prend un coup… Solide. Moi qui pensait être enceinte à mon mariage…

 
On se console en se disant que tant qu’il n’y a pas de transfert d’embryon, ça ne compte
pas pour une fois (on a droit à trois FIV). Quand même.. ça été des semaines d’espoir
pour finalement… rien!

 
Un mois plus tard, nous revoyons le médecin et essayons une approche différente. La
fécondation in vitro naturel (ça consiste à stimuler l’ovule naturellement produite par
mon corps). Go, on s’injecte (encore) et on prend des pilules! Les hormones dans le tapis
et l’humeur qui fait des bonds incroyables! Arrive l’échographie à jour 14 pour se faire
dire que le follicule n’est pas à maturité (résultat d’un cycle irrégulier). On refait une
écho à jour 17 et ça y est, je suis prête pour une autre ponction ! (Avec la FIVn, l’ovule
est censé être au top puisque c’est la seule. Quand il y en a plusieurs, la qualité peut
s’avérer moindre) Encore de la douleur! Bel ovule prêt à être fécondé. 3 jours plus tard
l’embryologiste nous dit que la fécondation ne s’est pas fait. Ainsi le cycle de la
culpabilité embarque. Le désespoir se pointe et la tristesse prend toute la place. C’est quoi
le problème ?

 
À chaque échec, nous devons revoir le médecin pour un nouveau protocole. Ça peut
prendre jusqu’à 2 mois. En attendant, tu pleures ta vie parce que tout ce que tu voudrais
c’est de te sentir grosse, avoir mal au cœur, mais surtout sentir la vie en toi. Dans mon
cas, je n’ai plus de vie, ça prend toute la place. Encore là, le couple en subit les
conséquences.

 
Depuis aujourd’hui, nous avons fait 2 autres FIVn qui n’ont abouti à rien (1 fois il n’y
avait pas d’ovule dans le follicule et l’autre la fécondation ne s’est pas fait). En janvier
2014, mon chéri a eu un TESA (Cela consiste à prélever, sous anesthésie locale, des
spermatozoïdes directement des testicules à l’aide d’une très fine aiguille, beaucoup moins
pénible, selon mon mari que le PESA). La qualité était meilleure selon l’urologue. Le
médecin nous a alors proposé de retourner à la FIV. Nous avons opté dans ce sens et 6
ovules ont été fécondé (jour 3) avec succès et congelé par la suite, puisque je ne peux
avoir de transfert d’embryon frais à cause de mon risque élevé d’hyper stimulation (un
autre affaire!). Enfin un espoir ! 6 embryons congelés, ça veut dire 6 implantations
possibles! (si l’embryon survit à la décongélation) Un autre stress…

 
Une autre attente.. il faut laisser le corps récupérer après la ponction ! Attendre 2-3 cycles
avant le TEC (transfert d’embryon congelé). Ça fini plus…

 
Arrive le mois de mars 2014, on prépare mon corps (d’autres pilules et d’autres
injections) à recevoir l’embryon (mon bébé d’amour) qui a résisté à la décongélation
(dieu merci), parce que ça aussi c’est angoissant et extrêmement long d’attendre l’appel de
l’embryologiste. Ce matin là, j’espérais tellement qu’il survive, j’en pleurais.
Tout va bien, c’est un embryon jour 3 qui s’implante avec succès. Reste plus qu’�
attendre 12 jours pour la prise de sang afin de savoir si je suis enceinte. C’est mon
premier transfert… Je suis fébrile, je pleure et je suis tellement terrifiée! J’ai peur qu’il ne
s’accroche pas… J’ai peur de le perdre… vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point
c’est déstabilisant de se faire implanter un embryon ! Tu le vois s’introduire, avec ces 12
cellules, dans ton utérus! C’est magnifique autant que terrifiant ! C’est notre bébé �
nous ! Tout ce qu’on souhaite c’est qu’il s’accroche ! Durant l’attente, j’essaie de ne pas
trop forcer, je prends ça relaxe, je me flatte le ventre et j’espère de tout mon cœur ! Un
gazouillis dans le ventre, un mal de sein… se sont des symptômes ! Ben non ! Prise de
sang négative… Et voilà qu’après l’espoir et la certitude que ça y est enfin, l’infirmière
t’annonce que c’est négatif. Bienvenue au désespoir, la tristesse et la colère dans ma vie.
Il reste 5 embryons jour 3 en mai 2014.

 
Aujourd’hui le 9 décembre, j’en ai plus… et je ne suis toujours pas enceinte. On a essayé
de rendre mes cocos à jour 5, sans succès. 4 d’entre eux évoluaient lentement (stade
Morula) et un autre n’a pas survécu à la décongélation. Il y a eu implantation quand
même (1 fois un embryon et l’autre 2 embryons à la fois), avec des prises de sang
négatives. Je suis vraiment à bout de nerfs et je ne comprends toujours pas pourquoi je ne
suis pas encore mère. Parfois, j’ai envie de tout lâcher, c’est tellement difficile à supporter
tous ces échecs.. Prochaine étape : il faut tout recommencer le processus de la FIV…

 
En novembre 2014, le médecin prescrit d’autres tests pour investiguer un peu plus sur
moi. Il semblerait que ma prolactine (hormone de lactation, sécrétée par l’hypophyse) soit
un peu haute) Ce qui m’empêche de tomber enceinte. Je suis rendue là dans ma procédure
avec l’attente de d’autres résultats. (Encore cette foutue attente!)

 
Avec la loi 20, je n’aurai plus aucune chance de réaliser mon rêve d’être maman à moins
de payer au dessus de 15 000 $ ou de divorcer ! Mon mari a déjà 2 enfants et la loi stipule
que si un des conjoints à déjà des enfants, le couple n’est pas éligible… Dois-je me
trouver un autre mari ? Avouez que c’est ridicule. Je n’ai pas choisi de tomber amoureuse
de lui. L’amour ça ne se commande pas, ça se vit! Devrais-je m’abstenir d’avoir un
enfant parce que je suis tombée amoureuse d’un homme qui en a déjà?

 
Je pourrais continuer ainsi sur plusieurs autres pages, mais en gros, retenez que la
procréation assistée ça n’a rien de facile, c’est bouleversant, c’est une montagne russe
d’émotions et que tous les couples avec un problème de fertilité n’ont pas choisi cette
réalité.

 
Malgré la douleur, l’attente, les humeurs changeantes et la déception, on sèche nos larmes
et on continue d’espérer… Sans le programme, nos espoirs s’envolent et notre rêve
s’achève.

 
Josianne Brunelle, 30 ans
St-Jean-sur-Richelieu

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