Témoignages

Rita-Rose

Septembre 2010 début des essais-bébé

1 an passe, on se rend à l’évidence, il y a un problème. On consulte nos médecins respectifs; on nous dit « pas de problème avant 12-18 mois pour des gens de votre âge », c’est normal. J’avais 28 ans mon copain 32.

On n’a aucune ressource, on ne connait personne dans notre situation, on ne sait pas quelle est la marche à suivre. On décide de payer pour un spermogramme au privé. Décembre 2011 on nous appelle pour nous demander de passer prendre nos résultats. Nous attendons dans la salle d’attente, lorsque que la non-sympathique réceptionniste nous appelle elle nous tend une enveloppe. On la regarde avec des points d’interrogations dans le regard et elle nous demande si nous savons interpréter ce type de résultat. Hein??! Non! Elle semble surprise, nous demande si nous souhaitons en discuter avec un médecin, évidement que oui, on attend dans la salle d’attente, on rencontre la aussi non-sympathique médecin qui se demande pourquoi on a fait ça, on sent le jugement mais on ne comprend pas. Elle regarde les résultats et nous demande ce que nous voulons savoir. Heu…on veut savoir…ben..heu…On ne sait pas ce qu’on est supposé vouloir savoir. On veut savoir ce qu’elle pense du spermogramme! Elle nous dit d’un ton complètement détaché l’air de dire « je n’ai pas de temps à perdre avec ça » qu’elle ne voit rien d’alarmant. Elle nous tend les résultats puis on retourne à la maison.

Janvier 2012 on appelle au CHUL pour prendre RDV. On leur faxe le spermogramme, les prescriptions de nos médecins que nous avons réussi à avoir tant bien que mal, les cartes d’assurance maladie et notre permis de conduire. C’est intense s’inscrire en PMA.

Avril 2012 premier RDV. Encore là on ne se sent pas pris en charge. On ne nous pose pas beaucoup de question. On me prescrit du clomid et on nous renvoi à la maison.

Aout 2012 RDV avec l’endocrinologue, l’homme le plus merveilleux du système de santé et c’est à lui que revient la difficile tâche de nous annoncer le diagnostic. C’est à ce RDV que nous avons compris que le médecin de la clinique qui nous avait donné les résultats du spermogramme, n’y connaissait rien, nada. Nous n’avons aucune chance de concevoir naturellement et nous ne sommes pas admissibles à l’insémination; moins de 2,0 millions de spermatozoïdes ça ne suffira pas. Nous étions naïfs, on ne s’attendait pas à ça, nous sommes dévasté. Il nous propose trois options; 1. L’adoption; 2. Un donneur; 3. La Fécondation in vitro. On sort de notre brouillard et on lui demande :

  • La FIV ?? Avec le sperme de monsieur??
  • Oui.
  • C’est certain qu’on essaie.
  • Attendez un peu, ce n’est pas une décision à prendre à la légère.
  • Ah non??
  • Prenez le temps d’y réfléchir.

C’est seulement aujourd’hui que je saisis son avertissement. Nous nous sommes levés tous les trois, il a mis ses mains sur chacune de nos épaules et nous a regardé dans les yeux;

  • On va vous aider.

Nous sommes sorties du bureau et nous nous sommes jeté dans les bras l’un de l’autre au milieu du corridor de l’hôpital et nous avons pleuré.

À notre retour à la maison nous avons passé trois heures sur nos ordinateurs à faire de la recherche sur la fécondation in vitro, je n’y connaissais rien, je ne savais même pas comment l’écrire.

Nous ne pouvions être suivis au CHUL puisqu’ils ne font pas de FIV. Nous étions à Québec donc la solution la plus simple était d’aller chez Procréa même si le CHUL nous suggérait d’aller à Montréal pour diverse raisons. Le hasard de la vie nous a amené à déménager à Montréal exactement dans cette période et nous avons eu la possibilité de pouvoir choisir entre plusieurs cliniques. Nous avons pris cette décision très au sérieux et avons fait beaucoup de recherche pour sélectionner la meilleure pour nous.

Février 2013 premier RDV au CHUM. Nous sommes charmés par la clinique, elle est neuve, belle, accueillante, le personnel est vraiment super, vraiment, on s’y sent bien.

Cette fois on se sent pris en charge, on nous pose beaucoup de questions, on s’intéresse à ce qu’on vit. Débute une panoplie de tests et de RDV, pour les deux cette fois, pas juste pour monsieur.

Mai 2013 diagnostique de Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un syndrome assez répendu semble-t-il.

Octobre 2013 première ponction, sans douleur : 13 ovocytes, 8 fécondés, 6 embryons en J3. On décide de tenter notre chance jusqu’en J5 mais malheureusement il ne nous restera plus rien en J5.

Mai 2014 deuxième ponction, terriblement douloureuse: 22 ovocytes, 11 fécondés, 5 en observation J3 et 6 en observation J5 (blastocyste). Il restera seulement 2 embryons J3 qui seront congelés parce que je suis en risque d’hyperstimulation.

Juillet 2014 premier TEC : un moment magique, ceux qui l’ont vécu le savent, c’est fantastique de pouvoir observer cet embryon se déposer dans l’utérus. À partir de ce moment, tout est possible, on y croit.

PDS 1 : 83      on est heureux

PDS 2 : 103    on l’est moins

PDS 3 : 44      on ne l’est plus

C’est très difficile. Je continue d’y croire tant qu’il n’est pas partie et en même temps je lui en veux de rester là. Je fais une fausse couche précoce quelques jours plus tard. L’annonce à nos parents sera douloureuse.

Octobre 2014 deuxième TEC : C’est fait. Première PDS le taux de HCG est à 157, la deuxième le taux est à 543. On est…sous le choc. On n’y croyait pas, encore aujourd’hui on se fait tranquillement à l’idée, on attend avec impatience l’écho de viabilité pour qu’on s’assure de ne pas rêver.

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